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Libération
Le 2 septembre 2008, quelques semaines avant les élections législatives anticipées, un procureur général ordonna subitement la libération des militants. Cela eut pour conséquence de détourner de cette affaire une grande partie de l’attention du public et des médias. Pourtant ce n'était pas terminé - bien au contraire. La libération des militants n'était justifiée que par la nécessité d'une “durée de détention provisoire proportionnelle aux peines susceptibles d’être prononcées” - l’inculpation et l’emprisonnement n'étaient pas remis en question. En octobre 2008, la Cour Suprême rendit un verdict selon lequel tout s'était passé dans les règles.
La vie de ces militants a été gravement perturbée. La dépression, l’anxiété, les crises d'angoisse aiguë et les insomnies devinrent quotidiens. La plupart d’entre eux durent entreprendre une thérapie. Le mouvement animaliste était véritablement paralysé. Certains militants abandonnèrent complètement le militantisme, et même ceux qui étaient déterminés à continuer se trouvaient dans l’impossibilité de travailler normalement, la police refusant de leur rendre les ordinateurs, les dossiers, les matériels vidéos et photographiques, les bases de données des donateurs, et autres éléments essentiels qui avaient été saisis lors des perquisitions en mai 2008. De plus, la police s'obstina à leur refuser l’accès aux dossiers de l’enquête, créant une incertitude permanente quant aux autres choses qui auraient pu leur être dissimulées. Lorsqu’enfin la Cour déclara que ce n’était pas acceptable, la police ignora tout simplement le verdict.
En février 2010, le ministère public annonça que treize militants, parmi lesquels les dix qui avaient été placés en détention provisoire, allaient être inculpés et traduits en justice en raison de leur appartenance présumée à une organisation criminelle. Quatre d’entre eux ont décidé de publier sur Internet l’intégralité de leurs actes d’accusation. Cette action fut décisive. Il était enfin possible d’évaluer, à partir de sources tangibles, si les mesures extrêmes prises à l’encontre des militants pouvaient vraiment être justifiées.